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La Stevia, édulcorant surpuissant

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Longtemps interdite en Suisse et en Europe, la consommation de Stevia est maintenant partiellement autorisée et ne manque pas de séduire par sa douceur

Lila Rosso

On la trouvait déjà dans la composition de certains aliments: bonbons Ricola, chocolats Villars, Fanta «Still», thé Weight Watchers de la Coop. Elle débarque maintenant sur les tables sous forme liquide ou de poudre blanche pour sucrer thés, cafés, boissons chaudes ou tout autre met à adoucir. Autorisée depuis quelques mois en Suisse, la Stevia, ou plutôt ses extraits, peut désormais être achetée dans certains magasins bio, pour servir d'édulcorant naturel.
«Ka'à eirete», «la feuille au goût du miel», était déjà connue par les Indiens Guarani du Paraguay il y a plus de 2000 ans. Décrite pour la première fois par le botaniste espagnol James Steven, la plante fut baptisée à la fin du XIXe siècle par le médecin suisse Moisè Bertoni, Stevia rebaudiana bortoni en l'honneur du chimiste paraguayen Ovidio Rebaudi, qui réussit le premier à isoler les substances chimiques responsables de son goût sucré. Ces molécules, les rebaudiosides A et les stéviosides, ont un pouvoir sucrant 300 fois plus important que le sucre blanc. Comme édulcorant ou additif alimentaire, la plante est conseillée particulièrement aux gens souffrant de diabète et d'hypertension, en raison de ses capacités à baisser le taux de glucose dans le sang ainsi que la tension artérielle.
Largement utilisée dans les pays d'Amérique latine ainsi qu'en Chine et au Japon, la Stevia ainsi que ses extraits ont été interdits dans les denrées alimentaires en Europe et aux Etats-Unis jusqu'en juin 2008, car ils étaient soupçonnés d'avoir un impact délétère sur la reproduction humaine. Depuis lors, en Suisse, user sans autorisation de ses feuilles n'est possible que pour des tisanes, avec une dose maximale de 2% par rapport aux autres plantes. Pour toutes les nouvelles applications, les extraits de Stevia ne faisant pas encore partie de la liste des additifs autorisés, l'Office fédéral de la santé publique doit évaluer au cas par cas leur utilisation en tant qu'édulcorant.
Suite à de nouvelles études scientifiques, les experts en alimentaire du comité mixte Organisation mondiale de la santé/Food and Agriculture Organization ont autorisé une dose journalière de 4 milligrammes d'extraits par kilo de poids corporel, pour autant que ces extraits contiennent 95% de glycosides de stéviol, les molécules responsables du pouvoir sucrant. En effet, des substances moins pures pourraient inclure des éléments de la plante dont on connaît encore mal les effets sur l'organisme.
Vittorio Giusti, médecin nutritionniste et endocrinologue au CHUV, à Lausanne, précise que «si, a priori, il n'y a pas de problèmes pour les consommer en tant qu'édulcorant, il faut s'en méfier dans le traitement de l'hypertension et du diabète. En effet, pour ces applications, il faudrait alors en absorber une dose plus importante que la dose journalière autorisée».
Quant à la crainte que la Stevia puisse avoir un impact négatif sur la reproduction humaine, elle n'est pas totalement infondée. Vittorio Giusti: «La Stevia est aussi connue comme plante abortive dans les pays d'Amérique latine. Par précaution, les femmes enceintes devraient donc s'abstenir d'en consommer.»
Le professeur honoraire en phytochimie à l'Université de Genève Kurt Hostettmann, lui, se veut rassurant: «La consommation de la plante, sans problème depuis plus de trente ans en Asie et en Amérique latine, nous permet de prendre du recul par rapport à nos craintes et réticences.» Comme le rappelle le scientifique, «la Stevia n'est pas la seule plante au pouvoir sucrant. La réglisse l'est aussi, mais son utilisation n'est pas indiquée dans les cas d'hypertension. Quant à la thaumatine, une autre molécule avec un extraordinaire pouvoir sucrant - 3000 fois plus que le sucre -, qui provient du fruit du Katemfe en Afrique, elle fait l'objet d'un énorme intérêt commercial.»
Concernant la Stevia, les lobbies du sucre et des édulcorants ont d'ailleurs probablement contribué à ralentir la commercialisation de ses extraits en Europe et aux Etats Unis. Le marché a commencé à s'ouvrir depuis environ une année, lorsque les grands groupes Coca-cola et Pepsi ont obtenu l'autorisation d'utiliser la plante comme additif alimentaire.
Par rapport aux autres végétaux similaires, la Stevia présente certains avantages. Comme le précise Kurt Hostettmann, «ses composants sont stables à des fortes températures, dans des solutions acides et basiques, et relativement faciles à extraire. Cette opération peut se faire avec simplement de l'eau, ce qui permet d'éviter la présence de résidus de solvant dans la préparation finale.»
Un doux avenir est-il donc réservé aux extraits de Stevia? Sébastien Tubau pense que oui. Non sans intérêt puisqu'il en vend dans son magasin Espace Renaissance à Morges: «Les extraits de Stevia seront de plus en plus commercialisés, et pas seulement en poudre ou en liquide, mais aussi en tablettes. Ils constituent une vraie alternative naturelle à l'aspartame et aux autres édulcorants de synthèse.»
Largement cultivée au Brésil, en Chine, au Japon et au Chili, la Stevia peut aussi l'être en Suisse, «bien que ce soit une plante qui ne supporte pas le gel», précise Xavier Simonnet, chef de projet à Médiplant, centre de recherche sur les plantes médicinales et aromatiques, à Conthey. D'ailleurs, suspendues quelque temps, des études suisses «vont probablement reprendre ce printemps, explique-t-il. Elles auront pour but de sélectionner un type de Stevia le plus riche possible en molécules sucrantes, et peu sensible aux parasites végétaux.»

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LANCEMENT DE L'ANNÉE INTERNATIONALE DE LA BIODIVERSITÉ

L'ONU a proclamé 2010 Année internationale de la biodiversité. Coop, Bio Suisse et l'Institut de recherche de l'agriculture biologique (FiBL) ont décidé d'unir leurs efforts pour sensibiliser le public à la question de la biodiversité. Tout au long de l'année, Coop, Bio Suisse et le FiBL engageront de multiples actions destinées à promouvoir la biodiversité et à sensibiliser le public à la nécessité de préserver la faune et la flore en concentrant leurs actions sur l'agriculture biologique. C'est scientifiquement prouvé : l'agriculture biologique favorise largement la biodiversité et apporte ainsi une contribution importante à la préservation des écosystèmes sensibles. Un dossier élaboré par les trois partenaires met en évidence les corrélations existant entre agriculture biologique et biodiversité. On entend par biodiversité la diversité de la vie sur la Terre - de la diversité génétique à la diversité des espèces en passant par la diversité des écosystèmes. Bien qu'elle revête une importance centrale pour la vie et même la survie des hommes, la biodiversité est de plus en plus menacée partout dans le monde. Les principaux dangers qui la menacent sont la destruction et la modification des écosystèmes, les pollutions par les éléments nutritifs et autres produits chimiques, les changements climatiques et la surexploitation.
Vous trouverez plus d'informations ici sur notre site ou sur www.fibl.org, www.coop.ch

Deux vignerons de La Côte champions du rosé et du bio

GALA DES VINS SUISSES

David Kind, de Saint-Prex, et Reynald Parmelin, de Begnins, ont été distingués hier soir à Berne. L'un pour un rosé 2008, à base de gamay et de garanoir, l'autre pour son vin blanc bio issu de Johanniter 2008.

PIERRE THOMAS, BERNE

Les Vaudois ont arraché deux trophées, là où on ne les attendait pas... En chasselas, le Braise d'Enfer 2008, un Epesses des Frères Dubois, de Cully, s'est vu brûler la politesse par un fendant de Robert Taramarcaz, de Sierre.

L'an passé, les Vaudois s'étaient déjà inclinés devant un fendant. Et après le règne des Valaisans - Diego Mathier en 2007 et Madeleine Gay en 2008 -, ils auraient pu espérer un titre de «vigneron de l'année»...

Dans ce concours national, coorganisé par Vinea, à Sierre, et le magazine Vinum, le titre national revient au domaine schaffhousois Aagne vom Schopf de la famille Gysel, à Hallau. Il l'a emporté dans deux des onze catégories, en pinot noir et en assemblage blanc, avec un pinot blanc-chardonnay.

Dégustés fin juin à Sierre
Ces résultats couronnent le Grand Prix du vin suisse, dégusté fin juin à Sierre par quelque 130 jurés professionnels du vin. 471 encaveurs de tout le pays avaient présenté 2117 échantillons (en progression de 15%).
Dans un premier temps, la dégustation a permis d'attribuer des médailles d'or et d'argent. Sur les 497 vins vaudois en lice, 38 ont décroché l'or et 120, l'argent. Sans être dégustés à nouveau, les vins les mieux notés en juin ont été qualifiés pour la proclamation du palmarès, hier soir, au Stadttheater de Berne.
La rédactrice en cheffe de Femina, Renata Libal, officiait comme maîtresse de cérémonie francophone. La journaliste a remis leur trophée aux Vaudois David Kind et Reynald Parmelin. Le rosé 2008, à base de gamay (90%) et de garanoir (10%), du premier s'est imposé dans sa catégorie. Il avait aussi été distingué par le Guide Hachette.
Quant au second, avec son vin blanc issu de Johanniter 2008, il décroche le Prix bio Suisse. Celui-ci récompense le premier vigneron vaudois - et un des seuls à ce jour... - à avoir osé le pari du bio sur l'entier de son domaine, La Capitaine, il y a quinze ans. Reynald Parmelin cultive une douzaine de cépages sur 11 hectares à La Côte, entre Begnins et Tartegnin.

Un hybride d'avenir
Croisement de riesling, de Seyve-Villard, de pinot gris et de chasselas, le Johanniter est un hybride dit «interspécifique», développé pour résister aux maladies et limiter les traitements phytosanitaires à la vigne. De tels cépages, dont certains sont en expérimentation à Changins, devraient jouer un rôle majeur dans la viticulture du futur.
Reynald Parmelin a parlé de son vin sur la scène du Stadttheater. «Il a fallu apprendre à le vinifier, ce cépage de Johanniter. Quand on le goûte, on reconnaît bien le côté aromatique du riesling, la puissance du pinot gris, la fraîcheur du chasselas et l'amertume positive du Seyve-Villard, un vieux cépage français. »

Note:*Palmarès complet sur www. thomasvino. com
24 heures (P.TH.)





Sensation

Une vache arrière-arrière-arrière-grand-mère met au monde un veau en bonne santé

Renate a déjà 27 ans, un âge plus que vénérable pour une vache. Cette vieille dame du Simmental qui vit dans l'étable de la famille paysanne Bourgeon Aschwanden de Lauerz SZ vient de mettre au monde un veau en bonne santé. Une véritable sensation comme l'a écrit récemment le Bauernzeitung. Son propriétaire Paul Aschwanden n'en est pas peu fier, et il avance une explication sur ce qui a permis à sa vache d'atteindre un « âge biblique » : « Du mouvement, du plein air et des fourrages sains » n'ont pu que lui faire du bien. Prenons donc tous exemple sur Renate, car ce qui vaut pour les vaches n'est certainement pas faux pour les humains !
Bio Suisse et les BioConsommActeurs félicitent de tout coeur la famille Aschwanden d'avoir une ferme en si bonne santé !



« Bio et Sain »

Étude

Les produits bio sont plus sains

Nous le savions déjà : Les produits bio sont plus sains que les produits conventionnels. Cette conclusion est celle d'une étude qui contredit une étude récemment publiée en Angleterre qui n'avait pas trouvé de différences de qualité (mais cette étude a notamment "oublié" le problème des résidus des pesticides dans les produits conventionnels...).

Les produits bio contiennent en général nettement plus d'éléments nutritifs que ceux de l'agriculture conventionnelle, ont expliqué à Berlin le FiBL et l'organisation allemande de protection de la nature Deutsche Naturschutzring (DNR) lors de la publication de l'étude. Des analyses menées sur cinq ans ont permis aux chercheurs de prouver que les salades, les tomates, les pommes de terre ou les choux des paysans bio contiennent nettement plus de vitamines, de substances bioactives et d'antioxydants.

La cause principale de ces meilleures valeurs nutritives est la fumure organique pratiquée en bio, qui influence entre autres la concentration de substances qui renforcent les défenses naturelles des plantes. Dans le cas du lait, c'est l'alimentation des vaches avec des fourrages prairiaux qui modifie la composition du lait et qui fait que le lait bio convient mieux aux personnes qui ont des problèmes de cholestérol que le lait conventionnel.


Bourgeon dessus? Bio dedans!

Bâle, le 27 août 2009

Prise de position sur ce qui a été appelé «la merde bio» en Suisse allemande

«Bio-Bschiss?» («Tromperie Bio?»), ont cru bon de titrer certains médias en se référant au rap-port annuel 2008 du service argovien de la protection des consommateurs, qui avait adressé des réclamations à 17 entreprises (fermes, restaurants, transformateurs et commerces) sur 25. C'est beaucoup, mais il faut dire que les directives que la production et la transformation bio doivent satisfaire sont très pointues. Dans la plupart des cas - les autorités argoviennes en conviennent - il s'agit de lacunes insignifiantes. Seuls certains cas ont dû être sanctionnés ou amendés.

Le bio ayant du succès, il n'est pas étonnant que certains puissent avoir envie de s'en parer sans y avoir droit. Le fait est que «biologique» et «bio» sont protégés par la loi et ne peuvent être utilisés que si les dispositions de l'ordonnance fédérale sur l'agriculture biologique sont respectées. Dans les cas dont on parle ici, impossible de savoir s'il s'agit de fermes bio fédérales ou Bourgeon. Les fermes Bourgeon doivent en effet respecter en plus le Cahier des charges de Bio Suisse. Les denrées alimentaires Bourgeon et les entreprises qui les produisent sont très sérieusement contrôlées: il y a au moins une fois par année un contrôle approfondi effectué par un organisme de contrôle privé (p. ex. bio.inspecta) auquel se rajoutent les contrôles ordonnés par les autorités fédérales et cantonales. Le Bourgeon est donc garant d'une forte crédibilité.

Quelles étaient les lacunes?

C'est aussi un fait qu'il n'est pas rare que les contrôles débouchent sur des réclamations. Pourquoi? Les exi-gences du législateur (p. ex. l'ordonnance fédérale sur l'agriculture biologique ou celle sur les denrées alimen-taires) sont très strictes, touffues et pointues - et sans cesse modifiées et renforcées. Il est donc tout à fait possible que des entreprises qui travaillent de manière exemplaire présentent quelques lacunes sur certains points de détail. Dans le canton d'Argovie, il s'agissait en majorité d'erreurs dans la désignation - c.-à-d. l'étiquetage - des produits ou de références publicitaires au bio qui ne sont pas autorisées.

Grands besoins d'informations

Bio Suisse conseille et informe régulièrement ses producteurs agricoles et agroalimentaires sur les modifications des ordonnances, des réglementations et des directives du Bourgeon. Notre but est en effet que toutes les pres-criptions soient connues et respectées. Bio Suisse investit chaque année un demi-million de francs en formation et en information sous forme de conseils, d'articles, de fiches techniques et de formations. La prochaine fiche technique prévue est p. ex. un mémo sur les directives de déclaration et d'étiquetage des produits.

Application cohérente

Pour que les produits bio restent crédibles et que le marché bio puisse continuer de croître sainement, les très strictes directives en vigueur doivent être appliquées et contrôlées de manière cohérente. Il faut des règles com-préhensibles, des producteurs, transformateurs et commerçants bio soigneux et bien informés, des contrôles privés et étatiques sérieux, du conseil, de l'information - et des sanctions en cas d'infraction. Il est dans l'intérêt de Bio Suisse et du Bourgeon que tous ces processus fonctionnent bien.

Pour tout renseignement:
Jacqueline Forster-Zigerli, Responsable des relations publiques, 079 704 72 41



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